" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 29 août 2015

" Monsieur Dictionnaire "



Les courtes mais excellentes et souvent désopilantes émissions de la Rtbf, «  Monsieur dictionnaire «  avec Jacques Mercier et Philippe Geluk. En voici un florilège :



- Passer au bleu :

- Cool :

- Potager :

- Frangipane :

- Tomber dans les pommes :

-  Chatter :

- Flirter

- Etre dans la dèche :

- Etre de de beaux draps :





Georges Simenon : " Les nouvelles enquêtes de Maigret "



Dix-sept nouvelles de Tonton Georges et certaines sont excellentes.

- «  La péniche aux deux pendus « :  comme dit dans le titre  ***

-  «  L’affaire du boulevard Beaumarchais » : ne pas confondre digitaline et bicarbonate de soude.

- «  La fenêtre ouverte « : assassinat déguisé en suicide.

- «  Monsieur lundi «  Méfiez-vous des barbes de seigle placées dans des religieuses. ***

-  « Jeumont, 51 minutes d’arrêt » : assassinat d’un Israélite dans un train vers Paris.

- «  Peine de mort » : un homme tue son oncle et tente d’échapper à la peine de mort ( législation différente entre la Belgique et la France).

- «  Les larmes de bougie : on a volé chez les sœur Potru. Marguerite a été tuée avec un couteau. Amélie est blessée mais vivante. Qui a tué ? Marcel, le fils ivrogne de Marguerite ?    ***

-  «  Rue Pigale » : quelques truands sévissant rue Pigale.

- «  Une erreur de Maigret » : qui a tué Emilienne, la petite vendeuse d’une librairie spéciale ? Son propriétaire Labri ? Non ! Une des rares fois où Maigret s’énerve et se montre violent.  ***

-  «  L’amoureux de Mme Maigret « : une histoire d’espionnage où un crochet à tricot sert à faire du morse.  ***

- «  La vieille dame de Bayeux » : une jeune fille impulsive et un jeune homme crapuleux. Un accident de voiture dissimulé.

-  «  Stan le tueur « : ici, Maigret devient Maigrette et San le tueur, Stanette. Un bande de tueur polonais réfugiés dans un hôtel rue Birague à Paris. «  Une des affaires les plus angoissantes qu’il fut possible d’imaginer ».   ***

-  «  Etoile du Nord » : on peut être voyageur de commerce, tourner la tête de jeunes filles et se retrouver avec un couteau dans le dos.

-  «  Tempête sur la Manche « : meurtre dans une pension de famille à Dieppe où Maigret et sa dame font escale.

-  «  Madame Berthe et son complice » : où Maigret est plus qu’indulgent envers un braqueur et sa complice, Melle Berthe.   ***


- «  Le notaire de Châteauneuf » : qui veut empêcher le mariage de la fille aînée du notaire Motte ?


Extraits :

-  Maigret, de son côté disait : «  Pas mal, le jeune Jacques Mercier ! Très bien, même ! Presque trop bien ! Pas du tout le jeune homme sage de province tel qu’on l’imagine, mais plutôt les allures d’affranchi ! Une jolie gueule, des cheveux ondulés, des yeux brillant et de feu dans les veines. »

-  «  Vous comprenez, monsieur Maigret ….
    Il prononçait «  Maigrette « .

- Il se campa dans sa pose favorite, celle qu’on lui connaissait au Quai des Orfèvres, pipe aux dents, dos au feu, les mains jointes sur les reins, avec cet air indéfinissable, buté ou absent, qu’il avait quand les éléments épars commençaient à se grouper dans son esprit.


- Maigret mangeait avec appétit : large, épais, il avait une telle façon de saisir son demi avec gourmandise qu’il eût pu servir de réclame pour une marque de bière.

mercredi 26 août 2015

Réouverture des " Olivettes "

Publié le Mercredi 26 Août 2015 à 

Liège: réouverture du café chantant «Les Olivettes» ce jeudi, rénové du sol au plafond!

A.F.
Dès jeudi, la musique va à nouveau résonner de bon train dans la rue « Pied du Pont des Arches », avec la réouverture du café chantant « Les Olivettes ». Les Liégeois pourront pousser la chansonnette dans un espace rénové du sol au plafond, mais qui conserve précieusement son esprit d’origine.
Thomas Van Ass
Il aura fallu cinq mois pour venir à bout du chantier. Le café chantant « Les Olivettes », de son vrai nom « Au jardin des Olivettes », avait besoin d’un bon coup de jeune pour repartir sur de bonnes bases, après une mise en faillite fin mars.
En passant le pas de la porte, la transformation saute aux yeux. Le bar, qui se trouvait à l’entrée, a été remis en état et déplacé au fond de la salle, dans un espace qui était complètement délaissé par la clientèle. De quoi agrandir avantageusement les lieux, tout en fluidifiant le trafic.
©Thomas Van Ass
La scène se dresse maintenant au fond du café, avec un piano flambant neuf – sous le fidèle tableau de Miss Mary, la plus grande pianiste de l’histoire du café. Michaël Roka, l’ancien patron, sera fidèle au piano pour faire chanter le public. « Les Olivettes » ont été créées en 1965, par son parrain et sa marraine d’adoption.
©Thomas Van Ass
Au sol, le vieux carrelage a été remplacé par de grandes pierres bleues qui se fondent dans le décor, tandis qu’au mur, les panneaux ont été nettoyés, les appliques replacées et des colonnes en pierre ajoutées. Et de nouvelles toilettes ont été aménagées dans l’ancienne cave. Il est important de le souligner puisqu’il s’agissait du gros point noir de l’établissement avant sa fermeture…
Mais que les amoureux de la première heure ne prennent pas peur : l’esprit traditionnel du café reste bien présent ! C’était le plus important pour Arlindo, propriétaire de l’immeuble et responsable du restaurant voisin « Les caves du Portugal », qui a pris en charge les travaux et donné la gestion du café mythique à son fils Michael : «  C’est une fidélité dans la tradition, pour garder le même esprit et l’ambiance  ».
Réouverture ce jeudi, dès 18h30 ! Découvrez notre article complet sur le sujet dans Le Meuse Liège de ce mercredi, et sur http://num.sudinfo.be

vendredi 21 août 2015

Amélie Nothomb : " Le crime du comte Neville "



L’action se passe en 2014 dans un château situé dans les Ardennes belges. Le comte Neville , la bonne soixantaine, et son épouse ont deux filles et un garçon. Tout va pour le mieux à part qu’ils sont ruinés et en novembre, tout sera vendu pour éponger leurs dettes. Une voyante prédit que lors de la dernière garden-party qu’il donnera dans son château, le comte tuera un invité …
Un roman empli d’humour et de pirouettes, comme souvent chez Amélie. Surtout, ne lisez pas la dernière page car la fin devrait vous faire éclater de rire…
Se lit avec délectation !

Extraits :
- Depuis quelques années, pour d’obscures raisons, les gens ne  se satisfaisaient plus des termes sentiments, sensations ou impressions, qui remplissaient pourtant parfaitement leur rôle. Il fallait qu’ils éprouvent des ressentis. Neville était allergique à ce vocable aussi ridicule que prétentieux.

-  La beauté féminine était une drogue dure : en présence d’une très belle femme, Neville entrait en lévitation.

- L’insomnie consistait en une incarnation prolongée avec son pire ennemi. Ce dernier était la part maudite de soi. Tout le monde n’en était pas pourvu : ainsi, tout le monde ne connaissait pas l’insomnie.

 -  C’était un enseignement du Bouddha : «  Quand tu fais la vaisselle, fais la vaisselle. »




jeudi 20 août 2015

Liège en 1959


                                                Place Saint-Lambert et du Marché dans les années '50


 Quelques prix en 1959 :
*  Le journal «  La Meuse » : 2 francs
*  Pain de ménage de 1 kilo : 8 francs
* Paquet de tabac, 50 grammes : 9,80 francs
* La 2 CV Citroën à partir de 44. 950 frs
* Rasoir Philips 2 têtes : 595 frs
* Téléviseur Philips 53 cm série 1960 : 13.450 frs
* Cigarettes : 12 frs le paquet de 20


Quelques titres de films de 1959 :
*  «  La grande illusion »  
* «  L’auberge du sixième bonheur »
* » Sueurs froides » de Hitchcock
* «  Certains l’aiment chaud » avec Marilyn Monroe
* « Rio Bravo » avec John Wayne
* «  Les fraises sauvages” de I. Bergman
* «  le Bossu » avec Jean Marais et Bourvil




- «  La Meuse » , samedi 3 janvier 1959
La construction de l’église Saint-Hubert à Burenville commencera dans quelques semaines : l’édifice, avec tour indépendante (30 mètres de haut ) pourra contenir 500 fidèles.

- «  la Meuse » mardi 18 janvier 
Trois heures de tempête terrible au nord de Liège. Des murs de 4 mètres. (…)

- Samedi 21 et dimanche 22 mars 1959
Hier soir, au Forum, 2.500 Liégeois ont applaudi Louis Armstrong aussi frénétique qu’il y a vingt-cinq ans (… )



-  Lundi 23 mars 1959
Deux sensationnelles victoires liégeoises font rebondir la lutte pour le titre national de football. 1. En déplacement à Anderlecht, le Standard y gagne 2-0 pour la première fois depuis 1945. 2. Le F.C. Liégeois allait infliger à Lierse sa première défaite de la saison : 1-3. (…)



-  Jeudi 23 avril 1959
Tout «  Dju d’la » était présent pour assister aux funérailles de son président Joseph Offermans. (…)

-  Lundi 27 avril 1959
Liège-Bastogne-Liège fut remporté dimanche par De Bruyne (pour la troisième fois)

- Samedi 2 mai 1959
* Le soleil n’était pas au rendez-vous du cortège du premier mai.
* « Jo-le-Marin » et son copain mettent à sac les «  Trois Cabaleros » au 51 rue Sur-la-Fontaine. Le barman doit les assommer à coups de matraque.

-  mai 1959
La rencontre de deux styles de jazz à l’Oasis : Jacques Pelzer (moderne) a joué avec le trompette «  traditional » Bill Coleman.


- Lundi 11 mai 1959
C’est fini ! Championnat de football : 1. Anderlecht  2. Liège  3. Le Standard. Liège a été champion pendant 47 minutes. (…)



- Vendredi 12 juin 1959
Merci Paola ! Liège n’oubliera jamais. 250.000 Liégeois ont applaudi Paola. (…)

-  Jeudi 9 juillet 1959
40 degrés au soleil hier à Liège (…)



- Vendredi 17 juillet 1959
Tout Liège savoure la Jupiler !

- Mercredi 22 juillet 1959
50° au soleil en ce 21 juillet (…)



-  Samedi 28 juillet 1959
83 ème jour sans pluie ! (…)

- Vendredi 31 juillet 1959
Dans 2 jours à Comblain-la-Tour, la plus grande fête du jazz. 11 nations, 200 musiciens sur scène pour le sensationnel non-stop de 12 heures. (…)

-   Samedi 1 août 1959
A la Une, photo de Chet Baker

- Lundi 3 août 1959
Un triomphe : 8.000 personnes hier après-midi à Comblain malgré la pluie. (…)

- Mardi 18 juillet 1959
Plafond sombre, murs rendus de tissus, siège disposés en arc de cercle, couleurs de bon goût : tel se présente le Palace 1959. (…)

-  Jeudi 17 juillet 1959
L’Etuve a fait peau neuve pour sa réouverture aujourd’hui : 70 nouveaux fauteuils, murs en rouge sombre, chauffage rénové. (…)

-  Lundi 21 septembre 1959
La brasserie «  Le Charlemagne » n° 1 de la place de la République Française fête ses vingt ans. (…)

- Mardi 29 septembre 1959
Les galas du Gymnase. Vingt vedettes, quatorze spectacles dont une représentation officielle de la Comédie Française tout au long de la saison. Avec entre autres Edwige Feuillière, Madeleine Robinson, Danièle Delorme, Bernard Blier, Jean Marais, Louis de Funès etc.

-  Samedi 10 et dimanche 11 octobre 1959
Trocadéro de Liège. Vous devez applaudir «  Ta bouche B.B. », la revue qui fait courir tout Liège.



-  Lundi 19 octobre 1959
Dans une atmosphère de fête,  Sarma a ouvert à Saint-Léonard son trentième magasin.

- Samedi 21 novembre 1959
Les «  Bûches chantantes », un groupe vocal. Il faut autant les voir que les entendre. Ce sont des mimes de talent. Ils ont un répertoire très moderne. Ils viennent d’enregistrer leur premier disque : un succès immédiat.

-  Samedi 21 novembre 1959
Jacques Brel sera au bal de la Fleur de Lys ( ce soir). Ce bal aura lieu le samedi 21 novembre à l’Eden et le profit de la manifestation ira au district des scouts de Liège.


- Lundi 24 décembre 1959
Opération-civet 1959 : c’est un véritable triomphe !
Du bonheur pour 3.000 déshérités dans les communes du « Grand-bazar » et de «  La Meuse » qui ont fait hier le tour des hospices et des orphelinats.


Et tout spécialement à Sainte-Marguerite

- Vendredi 16 janvier 1959
Place des Bons-Enfants, la dame aux pigeons est entrée en guerre contre la Ville à coups de révolver à bouchons. Un filet a été installé sur la place pour attraper les oiseaux, mais, à chaque fois que ceux-ci sont en danger, dès qu’un ouvrier s’approche de la corde qui fait retomber le filet, une fenêtre s’entrouvre : c’est la dame aux pigeons et un  bras vengeur armé d’un révolver à bouchon apparaît. Le coup part, les pigeons font de même …






 -  Samedi, 4 avril 1959
L’école professionnelle de la chaussure et de la maroquinerie où en 4 ans on forme des artisans complets. En octobre prochaine, locaux de la rue Agimont abriteront un cycle complet des études de tailleurs. (…)






-  Mercredi 15 avril 1959
Un poids lourd rate le virage de la rue Hullos (Ste-Marguerite) et sa remorque chargée de ballots de laine se renverse : cinq vitrines démolies. (…)

- Samedi 30 mai 15959
Rue Agimont, 120 petites filles ont récolté 4.000 francs avec le slogan : «  Il faut trouver de l’argent pour Christiane ». (….)

- Mardi 25 août 1959
Plusieurs centaines de milliers de francs en papier sont perdus dans l’incendie qui a anéanti le dépôt d’une imprimerie, rue Hullos, n° 30 (…)






-  Mercredi 7 octobre 1959
Vingt mille fidèles ont suivi la procession septennale de Notre-Dame de Saint-Séverin. Notre-Dame de Saint-Séverin, fort populaire à Liège depuis des siècles, est l’objet d’une procession particulière tous les sept ans. Lundi soir donc, la «  Vierge Noire » fit le tour du doyenné de Saint-Martin en compagnie d’une multitude de fidèles récitant le chapelet et chantant des cantiques. (…) Les fidèles, massés sur les trottoirs, entrèrent dans la procession, tenant un long cierge entouré de papier ; le cortège grossit ainsi de rue en rue pour comprendre 20.000 personnes au retour à la basilique. (…)

°°°°
En bonus :
- La joyeuse entrée à Liège d’Albert et Paola :

- L’équipe la flamme, un groupe vocal liégeois :





Merci au journal «  La Meuse «   ! ! !
Merci à ses journalistes anonymes ! ! !
Merci à la bibliothèque de l’université de Liège ! ! !
Merci à la bibliothèque Albertine de Bruxelles ! ! !

mardi 18 août 2015

Liège en 1918


                    Distribution des bons de rationnement à Liège en juillet 1918



Extraits de l’excellent ouvrage signé Jules De Thier et Olympe Gilbart : «  Liège pendant la grande guerre », voici quelques faits marquants de l’année 1918.

- A cette époque, il y avait à Liège 20 .981 ménages, comprenant 51.260 personnes, soit près d’un tiers de la population, qui recevaient des secours du Comité local de la Ville.

-  Le kilo de beurre avait atteint 30 francs, le lait écrémé 1frs 50 le litre, la viande 16 à 18 frs le kilo, la petite boule de savon ordinaire : 6 frs ; le tabac 50 à 60 frs le kilo, les sabots 10 frs la paire, un cahier d’écolier des 100 pages 2frs75. Un costume d’homme qui valait 80 fr avant-guerre coûtait en 1918 : 300 frs. (…)


                                             la passerelle en 1918


-  Le 18 mars, la ration de pain, qui était de 333 grammes, fut réduite à 250 grammes, une quantité minime qui eût à peine suffit pour le petit- déjeuner, tant nous étions affamés sous le régime qui nous était imposé. Le 20 mars, à la suite de cette diminution de ration de pain, les ouvriers de charbonnages se mirent en grève.

-  Le 4 avril commença, au Cirque des Variétés, une série de représentations d’opéra qui obtinrent un grand succès. Le nombre des exploiteurs enrichis, qui augmentait sans cesse, continuait à assurer une clientèle fidèle à tous les théâtres, bars, music-halls, salles de danses et autres lieux de plaisir.


                                                             Pont des Arches détruit

-  Dans les airs, les avions alliés avaient la maîtrise. Pendant le mois de mai, il en passa à plusieurs reprises au-dessus de la région de Liège, mais les Allemands ne tirèrent qu’une seule fois contre eux.

- Pendant le mois de mai, le pillage du pays continua. Il fallut livrer le linge de table dont on se servait dans les cafés, restaurants, hôtels, et. Le linge fut remplacé par du papier. Les visites domiciliaires se pratiquèrent continuellement, surtout dans le but de s’assurer que l’on avait livré les objets en cuivre.


                                          Palais des Princes-Evêques


-  Certains se trouvaient dans une misère affreuse. Des vieillards, des malades, des employés ou des ouvriers qui n’avaient pu trouver d’emploi. Ceux-là et les membres de leurs familles ne disposaient pour vivre que des services donnés aux chômeurs et aux nécessiteux, c’est-à-dire assez pour ne pas périr d’inanition mais trop peu pour apaiser leur faim, pour s’habiller, se chauffer et s’éclairer.

-  Le 1er juillet, on signala à Liège l’apparition de la grippe « espagnole » qui sévissait dans toute l’Europe. Cette grippe était en général bénigne et durant 8 à 10 jours. Vers la fin du mois, beaucoup de Liégeois en furent atteints.

- Le 18 août, on annonçait l’ouverture d’un Casino dans l’ancien hôtel des Comtes de Méan, rue Mont-Saint-Martin. On y joua à la roulette et au baccara comme on le faisait déjà dans d’autres cercles installés rue Florimont, rue des Clarissses, rue du Mouton Blanc, Outre-Meuse et au Kursaal de Chaudfontaine.

-  En septembre, à la suite d’une rébellion, l’autorité occupante interdit «  tout trafic » places Saint-Lambert, Verte et du Théâtre les lundi après-midi de 13 à 19 heures. (…) La police barrait toutes les issues. Pour se rendre dans les quartiers Sainte-Marguerite et Sainte-Walburge, il fallait emprunter la rue Derrière le Palais ou bien les escaliers de la Montagne qui ne virent jamais pareille affluence de passants.

-  (…) Mais notre joie devait être plus complète encore le lendemain. Le 11 novembre, en effet, vers 10 heures du matin, on apprit que l’armistice avait été signée. (…) La nouvelle s’était répandue en quelques instants dans la ville entière, provoquant une allégresse générale.


                                                    Place Notger, la gare du Palais, Pierreuse

-  Dans les rues, toutes les maisons s’étaient ainsi subitement pavoisées et les couleurs belges voisinaient celles de nos alliés. A midi, le drapeau belge était hissé à la façade de l’Hôtel de Ville et flottait gaiement sur les clochers des églises, sur nos monuments, au faîte des cheminées des usines et des charbonnages qui entourent la ville. Des cocardes belges, françaises, anglaises, américaines, italiennes, depuis longtemps confectionnées, apparurent aux étalages et se vendaient dans les rues. Pas une Liégeoise, pas un Liégeois qui n’en portât. Les enfants des écoles sortirent des classes, tenant de petits drapeaux à la main  circulèrent en cortèges dans la ville. Les véhicules furent aussi pavoisés, aux trolleys des tramways des fanions flottèrent et même les statues arborèrent les couleurs alliés : Charlemagne tenait dans sa dextre tendue un drapeau belge et son coursier avait sur sa crinière un flot de rubans tricolores.


- Les prisonniers russes, les plus nombreux, trouvèrent asile au Manège de la Fontaine, dans l’école de la rue Jonfosse, à Fontainebleau, à l’école Sainte-Marguerite, à l’école des sœurs de la rue de l’Ouest et à l’école de Fexhe. Les Français furent réunis dans les usines Englebert. Les Belges, rue Louvrex, à l’école en face de la rue Fusch. Les Italiens et les Sud-Slaves, à l’hôtel d’Angleterre, à l’Hôtel des Comtes de Méan et au Café Charlemagne. Les civils, rue de l’université. Quand ils circulaient dans la ville, on leur offrait des vivres, des vêtements, des cigarettes et de l’argent, souvent on les invitait à dîner et on les retenait même à loger. Les Français étaient particulièrement bien accueillis.


                                                      Liège décorée par la France