" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

jeudi 31 janvier 2013

Jérôme Ferrari : " Sermon sur la chute de Rome "




Matthieu et Libero sont étudiants en philosophie à Paris. Ils décident d’abandonner leurs études pour ouvrir un bar dans leur Corse natale. Leur rêve va se fracasser ; il ne pouvait que se fracasser comme le pensait déjà, dès le début, Marcel, le grand-père de Matthieu.
 L’atmosphère du roman est lourde, souvent violente, teintée par une sexualité primaire, basique. On ressort de cette lecture comme atterré, pris par une sorte de torpeur, de vide ; car le néant avale tout, le néant, on le sait pourtant, nous engloutit.
L’écriture de Jérôme Ferrari ressemble à celle d’Albert Cohen dans «  Belle du Seigneur », de longues phrases avec peu de ponctuation mais, malgré ce manque de respiration, l’on suit aisément le fil du récit.
 Avec «  Le sermon sur la chute de Rome «, Jérôme Ferrari  a remporté le prix Goncourt 2012.


Extrait :

-  La course des astres n’est pas troublée, la nuit succède au jour qui succède à la nuit, à chaque instant, le présent surgit du néant, et retourne au néant (…) Les mondes passent, en vérité, l’un après l’autre, des ténèbres aux ténèbres, et leur succession ne signifie peut-être rien.

- Tu es étonné parce que le monde touche à sa fin ? Etonne-toi plutôt de le voir parvenu à un âge si avancé. Le monde est comme un homme : il naît, il grandit et il meurt.(…) Dans sa vieillesse, l’homme est donc rempli de misères, et le monde dans sa vieillesse est aussi rempli de calamités (…) Le Christ te dit : «  Le monde s’en va, le monde est vieux, le monde succombe, le monde est déjà haletant de vétusté, mais ne crains rien : ta jeunesse se renouvellera comme celle de l’aigle.
( Saint-Augustin, sermon 81, 8, décembre 410 )

-  Elle semblait avoir conservé de ses anciennes fonctions la curieuse habitude d’accueillir chaque représentant de sexe masculin qui poussait la porte du bar d’une caresse, furtive mais appuyée, sur les couilles. Nul n’échappait à la palpation. Elle s’approchait du nouvel arrivant, tout sourire, et lui faisaient deux grosses bises claquantes sur les joues tandis que de la main gauche, comme si de rien n’était, elle explorait son entrejambe en repliant légèrement les doigts.

samedi 26 janvier 2013

Liège en 1973



Cette vue aérienne de la ville de liège, au confluent de la Meuse et de l’Ourthe, pourrait laisser l’impression que la Cité Ardente n’est qu’une grande île … bien peuplée ( photo : L’Avenir du Luxembourg, mardi 27 novembre 1973)






- « L’Avenir du Luxembourg », jeudi 11 janvier 1973
18.000 immigrés liégeois éliront leurs représentants le 18 mars



-  L’Avenir du Luxembourg, jeudi 25 janvier 1973
A Liège, 3.700 étudiants ont à nouveau manifesté contre le projet VDB. «  VDB, salaud, le peuple aura ta peau ! »

- La Gazette de Liège, vendredi 26 janvier 1973
Au sommaire du conseil communal de Liège :
  * les grilles du Jardin botanique
  * Liège-ville-tripot (les jackpots et autres jeux)
  * étudiants émigrés et vertus civiques

-  Le Meuse, lundi 12 mars 1973
La ville déclenchera une «  campagne spéciale de propreté «  dès le 17 mars. Les Liégeois ont une semaine pour apprendre à leurs chiens à satisfaire leurs besoins uniquement dans les rigoles des rues. (…) Le bourgmestre annonce que les policiers se montreront impitoyables (…)

- La Gazette de Liège, lundi 12 mars 1973
L'égalité des sexes ? Les femmes en chômage peuvent-elles prétendre à des indemnités égales à celles des hommes ? La jurisprudence de la Cour du travail de Liège se précise (...)




-  L’Avenir du Luxembourg, mardi 3 avril 1973

Du 7 au 29 avril à l’institut Saint-Joseph, exposition de l’art ancien du patrimoine 
liégeois



- L’Avenir , vendredi 20 avril 1973
En face du Centre Culturel des Chiroux, tout un pâté de maisons compris entre la place des Carmes et la rue des Clarisses a disparu sous la pioche des démolisseurs. (…) En 1974, commenceront à cet endroit les travaux de construction des nouveaux bâtiments de l’Athenée royal de Liège 1.


- L’Avenir, lundi 23 avril 1973

Merckx devance Verbeeck et tous les «  grands » à l’arrivée de Liège-Bastogne-Liège


- L’Avenir, 27 avril 1973
Incertitude pour le métro

-  La Gazette de Liège, lundi 7 mai 1973
Un nouvel ordinateur, un Honecowell Bull H 2.040. Il traite 800 cartes perforées à la minute (…)

-  La Meuse, mercredi 6 juin 1973
L’annuelle « Foire aux croûtes «  s’est tenue ce dernier week-end place de l’Yser. La manifestation a réuni cette année une trentaine d’exposants et en est à sa 31 ème édition.




- Mardi 19 juin 1973

La discothèque de Liège a prêté son 1.000.000 e disque. Sur la photo, les nouveaux locaux.

- La Gazette de Liège, vendredi 13 juillet 1973
La Meuse menacée de devenir un fleuve mort. On y retrouve du cuivre, du cadmium … et encore un peu d’eau. (…) Le point délicat, le manque d’oxygène.

- L’Avenir,  mardi 24 juillet
Les louveteaux de Droixhe en camp à Waimes.




- L’Avenir, mercredi 8 août 1973
Liège. Après 10 ans d’attente encore 10 ans de travaux. Textes et photos de Jean-François Dechesne. IV ème partie : nous payerons le double pour des travaux qui risquent d’arriver trop tard (…)



-  La Meuse, samedi 11 et dimanche 12 août 1973
Un «  funiculaire «  actionné par une grue pour transporter les pierres de taille du nouvel escalier de la Montagne de Bueren. (…) outre la réfection des marches, l’on procédera au remplacement de la canalisation de gaz en vue de la construction du nouvel hôpital à la citadelle et de la canalisation d’eau.

- La Gazette de Liège, lundi 27 août 1973
Le théâtre le Gymnase entame sa dernière saison.


- L’Avenir, vendredi 31 août 1973
Le F.C. liégeois prépare la relève



-  La Meuse, jeudi 27 septembre 1973
Une nouvelle aile d’hospitalisation (septante lits pour la maternité et trente pour la gynécologie) inaugurée à la clinique St-Vincent à Roccourt.

- La Meuse, mercredi 31 octobre 1973
Le Complexe des Chiroux et la bibliothèque provinciale vient d’être inauguré.
100.000 livres à votre disposition. (…) La nouvelle bibliothèque provinciale est donc située à côté de la bibliothèque communale des Chiroux à laquelle elle est reliée par une passerelle. (…)

-  La Meuse, samedi 17 et dimanche 18 novembre 1973
Premier dimanche sans voitures. Interdiction de rouler entre 3 h (nuit du samedi au dimanche) et 3h (nuit du dimanche au lundi). Les gendarmes seront très sévères.






- L’Avenir, mardi 20 novembre 1973

La grouillante ville de Liège s’est réveillée dimanche matin dans le calme le plus étrange. Pas de voiture, pas de coups de klaxon, pas de crissement de pneu. Une bonne animation pourtant avec, par exemple, ces musiciens qui devaient travailler, avaient trouvé un triporteur pour emmener leur matériel ou encore cette diligence rue Pont d’Avroy.


-  La Meuse, lundi 26 novembre 1973
Le professeur François Perrin (rassemblement wallon) : «  Vivons-nous de façon à garantir la survie de l’espèce ou vivons-nous comme des fous, nous précipitant collectivement, mais aveuglement, vers l’autodestruction ? »



-  Le Meuse, mardi 27 novembre 1973
«  Frère Alfred «, fondateur et unique représentant du «  parti vitaliste » est mort à 66 ans à l’hôpital de Bavière. Il souffrait d’un ulcère à la jambe.


------------------------------


- Merci aux journaux «  La Meuse « , «  La Gazette de Liège », « L’Avenir du Luxembourg » ! ! !
- Merci à leurs journalistes anonymes ! ! !
- Merci à la bibliothèque Albertine de Bruxelles ! ! !

En bonus :

- Liège-Bastogne- Liège en 1973
- Leçon de wallon avou Tchantchès :



vendredi 25 janvier 2013

Georges Simenon : " La mort d'Auguste "





Auguste Mature, le patron du café-restaurant «  Chez l’Auvergnat «, rue de la Grande-Truanderie dans le quartier des Halles à Paris, est mort. Il laisse trois fils : Ferdinand, Antoine et Bernard – sans oublier les belles-filles – et une épouse qui n’a plus toute sa tête. Et puis un héritage qui devrait être conséquent. Mais qui sera plutôt un nid à guêpes …
Les romans familiaux de Simenon sont toujours chatoyants ; mais ils sont également comparables à de mini-tempêtes qui laissent les personnages complètement … essorés. Et celui-ci ne fait pas exception.

Extraits :

-  Ce n’était pas exactement de la timidité. Il regardait tout en s’efforçant de comprendre, comme pour chercher la place qu’il occupait parmi les hommes.
-  Ils s’embrassaient. C’était un geste rituel, avant de se coucher chacun de son côté. Chacun était habitué à l’odeur de l’autre, à l’odeur du couple, et ils en étaient arrivés à respirer au même rythme. (…) Il restait un vide, dans le lit, entre eux deux. Aujourd’hui, il y avait des vides partout.

-  Ils ne se serrèrent pas la main. Ils se connaissaient depuis trop longtemps.  

jeudi 24 janvier 2013

"Sous...le Perron", - Paul-.





                            Rue de Campine, Fond-Pirette, Montagne Ste-Walburge, Hocheporte


En farfouillant dans les archives à l’Albertine de Bruxelles, je suis tombé sur les billets quotidiens, « Sous…le Perron,  « que signait, jadis dans «  La Gazette de Liège «,  un certain Paul.
Renseignements pris à la Libre Belgique, on m’informe que c’était Paul Libert, -Liégeois on s’en doute -,  qui était l’auteur de ces billets. Il signait également une rubrique au journal «  La Meuse « -«   Huit journaux en un »- sous le pseudonyme  tout aussi énigmatique : «  Monsieur Desk «.
Hélas, Paul Libert nous a quittés en 2011. Il est un peu comme le Roland Barthes liégeois.
 J’aimerais lui rendre hommage en proposant sur le Net certains de ses billets qui étaient très souvent d’une grande saveur.

-------------------------

«  Sous … le Perron «  Paul


- «  La Gazette de Liège «, vendredi 19 janvier 1973

(…) Elle est affreuse, l’histoire liégeoise. Rien que des guerres, des meurtres, des décollations, et autres joyeuseté auxquelles nos ancêtres passaient le plus clair de leur temps. Il y a même eu une guerre de trente ans pour une fille qui s’appelait Adoule Porette, «  notre Hélène liégeoise ». (…)

- «  la Gazette de Liège «, jeudi 25 janvier 1973

Ce n’est pas une blague. On est entrain de creuser un grand trou, place du Marché, pour y planter un arbre. Peut-être sera-ce un platane, ou un catalpa, ou un magnolia ? Tout est possible, hormis un saule pleureur, parce qu’il fait triste.
L’arbre à ses débuts sera un manche à balais naturellement, mais très vite, surtout si c’est un marronnier, il sera en mesure de nous donner de l’ombre. Aujourd’hui, c’est un grand trou entre deux dalles du Perron ; demain ce sera un perchoir pour les oiseaux. On n’y croyait plus, aux arbres que l’on plante. La guerre des arbres serait-elle sur le point de finir dans cette ville vouée à la «  dalle » ?
Un petit trou dans un trottoir, un peu d’espoir pour la cité.






- La Gazette de Liège, mercredi 14 mars 1973



Tous les Liégeois connaissent Xhovémont, et la maison de retraite tenue par les Pères Jésuites. D’innombrables rhétoriciens y ont défilé, notamment, pour leur retraite de vocation, où ils étaient appelés à réfléchir sur le sens donné à leur vie. On sait que l’abbé Gerratz, déjà animateur de plusieurs maisons où sont accueillis des jeunes en difficulté, vient d’acheter la grande bâtisse de Xhovémont. Elle aussi va servir de résidence permanente à des jeunes qui n’ont pas la chance de pouvoir compter sur un foyer familial. On annonçait récemment la chose à un brave Liégeois, un homme dévoué, très soucieux de justice, mais n’ayant nulle attache avec la foi. La modification annoncée à Xhovémont ne lui plaisait pas : « C’est très bien d’ouvrir la maison des jeunes en difficulté, mais si on ferme pour eux une maison de retraite, où vont aller les pensionnés ? «  (authentique !)

Il y a retraite et retraite, celle des gens qui atteignent 65 ans, celle de militaires battus, celle des méditatifs …


- La gazette de Liège, lundi 26 mars 1973

(…) Notre Palais des Congrès aura désormais le personnel hautement qualifié et spécialisé digne d’une grande ville. En effet, grâce au sang-froid d’un fonctionnaire, on a pu faire paraître à temps l’avis rectificatif suivant :
«  Ville de Liège. Appel public, en vue de la constitution d’une réserve de recrutement de préposées aux vestiaires et aux toilettes de la régie le Palais des Congrès. Le certificat de milice dont il est fait mention dans l’appel paru ne doit pas être fourni. »
Ouf ! On a eu chaud !

- La Gazette de Liège, 31 mars 1973
Quand un capitaine anglais en a assez de bourlinguer sur toute les mers, il se choisit le meilleur coin pour y trouver la paix ou le creux de la vague. Il s’installe à Rhodes.
Notre péniche à nous, on l’avait faite très belle, on en était fier. Elle a glissé dans la brume de l’aube, ou dans le scintillement des fleuves en été. Elle a croupi dans les glaces, dégouliné sous la pluie, sur l’Escaut comme sur la Meuse. Elle a forcé le courant du Rhin, et, un jour, elle en a eu assez.
Alors elle est venue à Liège, et s’est laissée couler gentiment le long du mur du quai de la Batte.
Voir Liège et mourir. Et si j’étais directeur de notre office du tourisme, je la décorerais cette péniche. A titre posthume, évidemment.

-  « La Gazette de Liège », vendredi 14 septembre 1973

Vous vous promenez le soir vers la rue Vieuxtemps. Il fait entre chien et loup. Tout à coup, un jeune homme vous dépasse, braque un révolver contre votre ventre et, sans plus de façon … vous demande l’heure qu’il est !
Et si le personnage accosté de cette façon est une jeune fille de 17 ans, avouez qu’il y a de quoi «  tomber de sa maclotte «, comme on dit à Liège. Le malotru n’a pas été rejoint ; la gamine s’est remise de ses émotions, parce que cette petite Thérèse est courageuse. Mais vraiment, les belles manières se perdent ! Non mais, si chaque fois que vous voulez connaître l’heure, il vous prend la fantaisie de sortir un pistolet, où allons-nous ?


-  «  La Gazette de Liège «, samedi et dimanche 22 et 23 juillet 1973

Le coin où l’on joue à la pétanque, la Place de L’Yser, c’est un quartier pittoresque et qui tient du Midi, le jeu en question et les platanes, sous lesquels on joue. Deux chiens, un berger écossais et un bouledogue, se sont liés d’amitié, non pas par une  sorte d’aspect physique (ils sont tellement différents), mais par une sorte de camaraderie de voisins. Les animaux ont pris des habitudes, ils se promènent de concert, vont voir jouer à la pétanque, et se mêlent à la  foule, en Roture, car ils habitent ce coin-là.
Pourtant un jour, le bouledogue n’a plus vu son ami. Il s’est rendu chez lui et  a vu le berger confortablement installé au balcon.
     - Que fais-tu là ?
     - Mes maîtres sont en vacances. Ils m’ont enfermé à la maison.
     - Saute par-dessus la balustrade.
     - Que nenni, fit le berger. Pour attraper une gueule comme la tienne !
Pauvre bouledogue !





- La Gazette de Liège, mercredi 9 janvier 1974
Les péniches ont tendu leur câble d’amarrage, comme si, pour dormir, il leur fallait s’étendre. La Meuse est noire. Quelques reflets des lampes de la rue scintillent encore sur le dos des vaguelettes. Liège s’endort.
Les deux tours de Saint-Barthélemy et la maison Curtius, mémorial d’un temps à jamais révolu, s’effacent au crépuscule tandis que l’orgueilleuse cité administrative projette dans la nuit un reflet du perron brodé dans ses fenêtres.
A demain, Liège. Dors bien !

- La Gazette de Liège, mercredi 23 janvier 1974
Qu’est-ce qu’une «  Poutsure « ? (…) A Liège, c’est une « cicitrique «. (…) Ca se mange, ou plus exactement, ça se lèche sur une petite cuillère en plastic aujourd’hui, en bois jadis
C’est de l’acide citrique, ce curieux produit blanc qui pique à la langue et que les gamins vont cueillir au fond d’un petit sachet en papier que d’ailleurs on s’échange  et l’on collectionne pour rien, pour ça.

-  Idem, vendredi 8 mars 1974

La circulation se ralentit tout à coup. Ce n’est pas un camion, ce n’est pas un autobus qui bloque le flot des véhicules devant vous, non ! C’est Charles-Eugène. (…)
Charles-Eugène tire la charrette à la soupe et quand il arrive rue du Palais, il souffle un peu pour gravir la «  gripette «, et derrière lui les autres aussi ralentissent pour suivre le rythme de ses pattes.
Charles-Eugène, sa voiture à soupe montée sur pneus ! Un anachronisme non-polluant, et qui nourrit les petits oiseaux.

- Idem, samedi et dimanche 30 et 31 mars 1974

Vous aimez Liège et vous y flânez, parce qu’il fait beau temps, parce que les pigeons s’en donnent au soleil. C’est le printemps. Vous choisissez les vieilles rues que les différentes catastrophes nationales et internationales et aussi nos restructeurs-créateurs  d’ensembles ont bien voulu nous laisser !
Brusquement, c’est le coup de foudre. Vous tombez rue Saint-Remy sur une toute nouvelle construction inspirée du Mosan et tellement jolies avec ses fenêtres à meneaux et ses jeux d’angles comme une coquette qui se mettrait en valeur.
Bien sûr, rien n’est encore terminé, le toit se dessine à peine, mais que c’est donc joli ce bijou qui tombe exactement là où il fera merveille, dans une rue faite pour lui. Sérénité, calme, charme d’un passé dont nous avons oublié la formule et qui se découvre subitement au détour d’une ruelle.




- La Gazette de Liège, mardi 25 juin 1974

Stendhal l’a écrit : la vocation, c’est le bonheur d’avoir pour métier, sa passion. C’est rarement le lot des poètes.

Un de nos plus (curieux) poètes, Noël Ruet, repose à Paris, au cimetière de Saint-Ouen, depuis 1965. Il était monté à Paris, y a vécu et y repose. Si vous passez par là, une rose à la main, pensez à lui qui écrivait en un poème inédit :
      «  Mes roses, mes sœurs lumineuses,
          Et vos sœurs blanches, les colombes,
          Pour que mon âme soit heureuse,
         Venez ensemble sur ma tombe. »

(note : j’ai tapé «  curieux «, car on ne sait pas lire le qualificatif imprimé dans l’article. Or un poète est presque toujours «  curieux «, donc …)


-  Idem, jeudi 21 juin 1974

On nous a dit, monsieur le Bourgmestre, que votre intention était de faire de Liège une ville propre. (…) Il y a aussi le fait que l’on ne sait par où commencer. (…) Je vous propose de revoir le problème des enseignes. Foin de plastique ! Foin de néons agressifs ! Non, de jolies enseignes, taillées dans de la pierre ou modelées par des ferronniers d’art. Quitte à doter d’un pris le concours de la plus belle enseigne. L’idée elle-même devrait être originale ou folklorique et aussi on pourrait, le nez en l’air, apprendre la très belle histoire de la cité ardente.


- La gazette de Liège, vendredi 29 août 1974



Une petite guêpe de rien du tout s’est introduite au palais de justice. Elle a choisi une gentille dactylo, la méchante guêpe, et a planté son dard quelque part dans le mollet de la demoiselle.
Un aimable chef-garde est arrivé au galop, avec sous le bras, la boite orné d’une croix rouge. Il a nettoyé l’enflure, en a retiré délicatement le dard et désinfecté la plaie.
Chez les guêpes, une justice immanente veut qu’elles meurent quand elles ont fait les méchantes. S’il en était ainsi chez les hommes, il n’y aurait bientôt plus grand-chose à faire au palais !
Le chef est rentré au corps de garde et, au bureau, le tic-tac de la machine a repris.
Le train-train de tous les jours a repris dans la torpeur d’un bureau, au mois d’août.




- Lundi 14 octobre 1974

Les Liégeois ont eu plusieurs papes au cours des temps. Il en est un, Gérard de Bourgogne, chanoine de l’église de Liège, puis évêque de Florence, pape sous le nom de Nicolas II qui se distingua par son humilité car il lavait tous les jours les pieds à douze pauvres. (…)

-  Mercredi 20 novembre 1974

(…) Si l’on en croit l’historien Sirius, le premier pape liégeois fut Frédéric, fils de Gothelon, duc de basse Lorraine. Frédéric, archidiacre de l’église de Liège, élu pape, prit le nom d’Etienne X (…) Cet excellent Pape était horriblement tourmenté par le démon, si l’on en croit son historien, et c’est l’abbé de Cluny qui l’en délivra. Il en mourut à Florence en 1058.       


SOUS… LE PERRON                      PAUL

- La Gazette de Liège, samedi et dimanche 22-23 mars 1975

(…) Lambert-le-Bègue, chanoine de Liège, a fondé chez nous en 1180 le béguinage de Saint-Christophe. Il en existait aussi un à l’hôpital St-Julien en Outremeuse, où logeaient dix-huit béguines dont treize avaient un jardin. A la fin du XVI ème siècle, il y avait encore le béguinage de St-Antoine et Ste-Barbe rue Agimont, celui du Faucon, en Bergerue, celui de la rue St-Pholien, celui de Ste-Catherine, rue des Tourneurs, celui de Ste-Marie Magdeleine rue du Casque, celui de St-Etienne et Saint-Denis en Souverain-Pont, de St-Jacques et St-Martin au mont St-martin, et celui du St-Esprit et de Ste-Anne derrière les Ursulines en Hors-Château. (…)

- La gazette de Liège, lundi 24 mars 1975

Au XI ème siècle, Liège, centre et nœud des communications entre le Nord, le Sud et l’Est, recevait de nombreux voyageurs. Tous n’étaient pas riches. Alors les étrangers de passage chez nous, s’ils ne pouvaient se payer l’hostellerie, pouvaient, si leur séjour ne dépassait pas un jour, être hébergés à Saint-Agathe, au faubourg St-Laurent, où il y avait place pour six pèlerins.
Ils pouvaient aussi de rendre à l’hôpital des Coquins (cuisiniers !) près de St-Christophe. Mais si le voyageur séjournait plus d’un jour, il devait se rendre à l’hôpital Mostard (ou de la moutarde !) rue du Pont. Là on y restait trois jours. La ration journalière était de une livre de pain, un quarteron de fromage et un pot de bière. Par contre à l’hospice Saint-Jacques ou du petit Saint-Jacques, on était reçu trois jours ; et au départ on «  touchait «  dix sous.
A l’hôpital Saint-Julien, on logeait les pauvres voyageurs. Il ya avait deux grandes chambres, l’une pour douze hommes, l’autre pour douze femmes ! Enfin, partout on recevait les pauvres aux couvents ; car, dira le chroniqueur, la charité a toujours été dans le cœur des Liégeois.
A suivre >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

mardi 22 janvier 2013

Georges Simenon : " Monsieur La Souris "




Monsieur La Souris est un clochard qui fréquente plutôt les beaux quartiers (ben tiens, tant qu’à choisir …). Il a trouvé un portefeuille avec beaucoup de sous dedans. Enfin, c’est ce qu’il dit,  mais les inspecteurs Lorgnon et Lucas n’en pensent pas moins car ils connaissent l’apôtre. Il est vrai que tout au long de cette aventure, La Souris joue allégrement avec les c***lles, oh pardon ! , les pieds des deux poulets.
Un peu trop de personnages dans ce roman et une histoire un peu trop tarabiscotée à mon goût mais c’est pas mal.

4 étoiles sur 5 en lieu et place de 4,5 étoiles pointées, comme d’hab pour les bouquins de Georges.

jeudi 17 janvier 2013

Jonas Jonasson : " Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire "



Dans une maison de retraite, en Suède, on va fêter les cent ans de Allan Karlsson ; mais notre homme en a décidé autrement : il enjambe la fenêtre de sa chambre et prend la poudre d’escampette. S’ensuit une longue fuite, en compagnie de trois compagnons trouvés ici et là, afin d’échapper à la police et à des gangsters. Parallèlement, l’auteur nous conte la vie mouvementée de cet Allan, artificier de son état, qui a très bien connu Franco, Truman, Mao, Tchang Kaï-check et surtout son épouse, Staline, etc…

Hélas, et je n’en cerne pas vraiment les raisons, je ne suis jamais rentré dans le roman que je me réjouissais de lire à la lecture de critiques élogieuses de certains internautes. J’ai même décidé d’abandonner la lecture à la moitié de l’histoire (ce qui est assez rare). 

Tant pis ! Passons à autres choses. >>>

samedi 12 janvier 2013

Georges Simenon : " Signé Picpus "



Mais qui est donc ce Picpus, celui qui a laissé ce message «  Demain, à cinq heure de relevée, je tuerai la voyante «. Et comme de juste Mme Jeanne, voyante extralucide, est assassinée chez elle avec un couteau. Maigret tient à l’œil deux présumés coupables. Dont un vieux bonhomme, Octave Le Cloaguen pour lequel notre bon commissaire, puis peut-être vous, lecteur, éprouverez un sentiment de sympathie, de compassion (= souffrir avec). Surtout quand Le Cloaguen prononce cette phrase, accusant son épouse et sa fille : «  Sous prétexte que je ne sais pas me tenir à table, elles m’apportaient ma pâtée dans ma chambre … De quoi ne pas mourir de faim … Je gardais toujours un creux à l’estomac. » Car, oui, c’est bien de maltraitance, et de la pire espèce,  dont il est question ici. Mais de bien d’autres choses encore... Hé.

Un Simenon aux multiples personnages qui s’imbriquent les uns aux autres (prenez des notes pour vous y retrouver).

Ambiance ! 

vendredi 11 janvier 2013

" Salut, Maurice " de janvier 2013 en ligne et un hors série




Le numéro de janvier 2013 de «  Salut Maurice », le journal du quartier Sainte-Marguerite di Lîdge est en ligne. J’y ai pondu deux articles, oufti toi !

C’est par ici :
 Pour tous les derniers numéros, c’est ici :







Robert Ruwet, membre du comité de rédaction de votre journal de quartier, a rassemblé dans un «Salut Maurice hors série», en papier glacé, svp, des documents d’époque et des témoignages sur l’événement du 7 septembre 1944.

Ce hors série de 44 pages, indispensable dans toute bonne bibliothèque, est disponible gratuitement, sur demande, en divers lieux du quartier :

- à la Coordination socioculturelle, rue Sainte-Marguerite, 9;
- au service d’activités citoyennes, rue Sainte-Marguerite, 28;
- à la Marguerite, rue SainteMarguerite, 362;
- à la maison intergénérationnelle, rue Saint-Séverin, 131.

mardi 8 janvier 2013

Jean Echenoz : " Au piano "



On peut estimer que Max est connu par pas loin de un million de personnes – des mélomanes -.Car Max est un pianiste de concert, de réputation mondiale. A ses côtés, si on peut dire,  Parisy son imprésario et Bernie, son garde du corps qui ne veut jamais lui offrir un verre dans son appartement situé pas loin du parc Monceau à Paris. On ne peut pas dire que Max est un homme à femme, pas du tout même. Il connaît Rose qu’il n’a plus vue depuis des années, sa sœur Alice,  et une femme excessivement belle qui promène son chien dans le quartier. C’est tout.
Un soir, Max se fait méchamment agressé par deux adolescents ; à tel point qu’un  couteau s’est enfoncé dans la gorge jusqu’ aux vertèbres cervicales. Aïe !
On peut dire que Max se retrouve au Centre, comme qui dirait le purgatoire : autour de lui, à 360 °,  jusqu’au bout de l’horizon et même plus loin encore, un parc tout a fait paradisiaque ; pourtant il semble bien qu’on doive s’y ennuyer ferme et très vite …
Max pourra revenir chez les humains mais à trois conditions.

On n’a vraiment pas le temps de s’ennuyer avec ce bouquin ; on va de surprise en surprise, tout au long d’une histoire passablement loufoque et emplie d’humour.
Il est chouette Echenoz !


Extraits :

- Bien sûr, vous avez le soleil tout le temps, mais vous êtes bien d’accord avec moi que le meilleur du soleil, c’est l’ombre.

-  Elle était accompagné d’un petit garçon, dans les quatre  ou cinq ans, qui ne cessait de se plaindre d’une voix inquiète de ce qu’il y avait tout le temps quelque chose de noir qui le suivait, qui était là, qui ne voulait pas s’en aller. Mais c’est ton ombre, mon chéri, lui avait répondu la jeune femme, ce n’est rien. Enfin ce n’est pas que ce n’est pas rien mais c’est ton ombre.

-  C’est que l’amour – enfin, quand je dis l’amour, je ne sais pas si c’est le mot – n’est pas seulement volatil mais il est également soluble. Soluble dans le temps, dans l’argent, dans l’alcool, dans la vie quotidienne et dans pas mal d’autres choses encore. Et sexuellement par exemple, ça n’allait plus être ça du tout (…)

lundi 7 janvier 2013

On en apprend tous les jours ( ou presque )




-  New Delhi compte 22 millions d’habitants. Soit le double de la population belge. J’hallucine ! ! !    Et y paraît qu’il y a plus pire encore : Tokyo, New York, Bombay, … Nom d’un tromblon !

-  La fortune de Gégé ( Depardieu-Raspoutine) est estimée à 80 millions d’euros. Et il est fâché tô rôdge quand il doit donner quelques roros à l’Etat français. Rhôôôô !

- Lors d’une des très rares réunions auxquelles j’assiste, une rédactrice en chef du périodique «  Salut, Maurice «  nous a balancé une liégeoiserie. Quand vous voulez qualifier un quidam de «  con », de «  conard «, de «  plouc «, enfin un truc dans le genre, soyez fait play,  ne disez pas « un crétin «  mais disez plutôt : «  un tûûûûttt «. Mort de rire !

- Janvier 2013, guerre au Mali. Une heure de vol à bord d'un bombardier Rafale coûte 40.000 euros. Un missile coûte 300.000 euros.

- ArceloMittal / Liège produit 2 millions de tonnes d'acier par an
   En Chine, on produit 2 millions de tonnes d'acier par jour.

A suivre ……………….

dimanche 6 janvier 2013

Gouvy en 1963



Locomotive en gare de Gouvy


 Eglise de Mont-Le-Ban



                                                 Les Meubles Parmentier

L’année 1963 fut d’abord caractérisée par un hiver de grand froid et ce jusqu’au mois de mars. Dans les pages du journal «  L’Avenir du Luxembourg » - que je remercie bien ici et tout particulièrement tous ses rédacteurs anonymes - , nous retrouvons fréquemment des reportages sur l’équipe de football , l’acquisition d’un orgue à l’église de Mont-le-Ban, un violent incendie à Steinbach, et encore d’autres petits évènements qui ont marqué la vie des citoyens de l’époque et qui restent peut-être encore gravés dans leurs mémoires, qui sait …


- Vendredi 25 janvier 1963 

 Dimanche 27 janvier à 20h, à la salle «  chez nous «, le patronage N.D. Auxiliatrice de Gouvy organise une soirée de gala. Les différentes sections présenteront des chants et des danses. La section des grandes donnera une comédie en trois actes de Jean Marsele «  Anastasie «. Ensuite, pendant une heure 30, Pierre Selos, auteur-compositeur et vedette de la radio et de la télévision présentera son tour de chant (…)

-  Vendredi 1 février 1963


Nouvelle offensive du froid en Belgique. Moins 22 degrés à Elsenborn.
--------------
- Toujours des températures sibériennes à l’affiche. Février pas moins froid que janvier. A la suite des fortes gelées, les ouvriers de la Sncb circulent pendant la nuit afin de surveiller l’état des voies.

-  Mercredi27 février 1963

Mont-le-Ban, une paroisse généreuse.
Connaissez-vous Mont-le-Ban ? C’est un petit village de la haute Ardenne. 270 habitants, 70 foyers aux revenus modestes. (…) Mais il fallait réunir une somme des plus considérables pour couvrir les frais d’un orgue de 15 jeux, d’un chauffage propulsant de l’air chaud, nouvelle peinture, changement du circuit électrique, autel en marbre, chaises en simili-cuir, etc… Quelle entreprise hasardeuse pour un jeune curé venu de Bouillon ! Les paroissiens tinrent conseil et en moins de trois ans, récoltaient une somme de plus de 550.000 francs. (…)

-  Mercredi 10 avril 1963

Le jeudi 18 avril aura lieu à Beho-centre une grande journée de formation chrétienne pour les petites filles de toute la région. On compte sur la participation d’environ 200 petites filles âgées de 9 à 14 ans.

-  Jeudi 18 avril 1963

Pour vaincre Manhay, Gouvy fut tout heureux de bénéficier d’un pénalty que Hartman se chargea de convertir. Pénalty indiscutable, empressons-nous de dire (…) Trois des quatre goals furent inscrits par Roland Laloux. Manhay – Gouvy  1-4.

-  Quelques films à l’affiche au cinéma «  chez nous » en 1963

«  El Cid «, fresque épique qui ne manque pas de souffle en maints endroits. Avec Charlton Heston et Sofia Loren.
«  La belle Américaine «, œuvre brillante, gags désopilants.
«  La guerre des boutons «, outre Jean Richard et Dufilho, une centaine d’enfants très bien dirigés. L’ensemble est loin d’être éducatif.
«  Ben Hur «, film à grand spectacle avec clous spectaculaires et scènes émouvantes. Evocation du Christ avec respect et dignité.

-  Vendredi 3 mai 1963

Dimanche dernier, le patro Ste Maria Goretti offrit aux habitants de Limerlé une soirée théâtrale comprenant des danses, des saynètes et des chants accompagnés au piano par M. le curé Albert Breuskin.

-  Vendredi 9 août 1963

Steinbach, un violent incendie anéantit une grande ferme. Huit enfants sont sauvés au dernier moment. Quarante mille kilos de foin sont la proie des flammes. Plus de un  million de dégâts.
Il n’était pas minuit mercredi lorsque M. Spoiden et Mme Pirson, domiciliés à Steinbach furent réveillés par des crépitements semblables à ceux d’une mitraillette. De leurs fenêtres, ces personnes aperçurent, juste en face de chez eux, une immense lueur. La ferme occupée par les familles Grégoire-Pirotte et Grégoire-Classens n’était plus qu’un immense brasier. (…) Sans perdre un instant, MM Jean et Camille Grégoire et leur épouse se précipitèrent dans les chambres où dormaient huit enfants. Il était temps ! (…) A 1h30, les pompiers de Vielsalm venaient épauler leurs compagnons d’ Houffalize.

- Mardi 27 novembre 1963

Le mardi 26 novembre à 20h au café Lejeune à Bovigny et à Gouvy, le mardi 3 décembre à 20h au café Clotuche, grandes réunions d’information. Tous les mandataires PSC de l’arrondissement seront présents. Invitation cordiale à tous les électeurs. 


-----------------------

Le Belge en 1963, une enquête de la RTB, vidéo :

http://www.sonuma.be/archive/le-belge-%C3%A0-l-heure-europ%C3%A9enne


°°°°°°°°°°°°°°

Et dans l’ Annonce de Vielsalm :



- Annonce de Vielsalm, samedi 29 juin 1963
Monsieur Evrard devient le directeur de l’école moyenne de Gouvy qui va ouvrir en septembre + les armoiries de Cherain



-  Samedi 4 août 1963
Foire aux bestiaux à Gouvy



- Samedi 26 octobre 1963

Nomination pour l’architecte Maurice Robert de Gouvy et lauréat du travail pour Léonard Dewez de Limerlé

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Et dans l'Annonce de Stavelot :






jeudi 3 janvier 2013

Georges Simenon : " Le confessionnal "




André  a 16 ans et demi, c’est un lycéen très studieux qui tient à viser haut. Il a une petite amie, c’est récent : Francine 17 ans, qui sera sa confidente. Tous deux, ils surprennent la mère d’André sortant d’une maison de rendez-vous. Le jeune homme ne connaît pas le vrai passé de ses parents, dont le père est médecin-dentiste, et ce roman va nous donner l’occasion de le connaître. Oh ! une histoire assez banale mais c’est surtout la réaction de l’adolescent qui est fascinante ici. Pour preuves, trois extraits très intéressants, plus un bonus.

Extraits :

- Au fond, il ne s’était jamais beaucoup préoccupé d’eux, de ce qu’ils faisaient, de ce qu’ils pensaient, des sentiments qui pouvaient les agiter. Et même, quand une question à leur sujet lui venait à l’esprit, il avait tendance à la repousser. C’étaient ses parents. Ils avaient fait leur vie comme ils l’entendaient et cela ne le concernait pas.

-  Edgard m’affirmé qu’il en est souvent ainsi avec les pendus… La plupart des suicidés prennent soin de laisser une lettre, une explication de leur décision… Pour les pendus, c’est rare.

-  «   Tu n’as pas d’amis « 
   «  Tu préférerais me voir suivre ces bandes qui roulent à moto, une fille derrière le dos, pour aller chercher la bagarre dans les bars ? « 
    «  Il en existe d’autres « 
   «  Qui parlent de quoi ? « 
   «  Je ne sais pas. Il doit bien y avoir, dans ta classe, quelqu’un qui a les mêmes intérêts que toi ? « 
   «  Alors, il fait comme moi « 
   «  Que veux-tu dire ? « 
    «   Il se passe de moi comme je me passe de lui. « 

---------------

Bonus

-  Elle : «  Vous êtes marié ? « 
   Lui : « Sûrement pas ! « 
   Elle : «  Homo ? »
   Lui :   « Non «
   Elle : «  Vous avez une … copine ? »
   Lui : «  Un peu plus que cela « 
   Elle : «  Une compagne ? « 
   Lui : «  Un peu moins … 40.000 ans de langage et aucun mot pour ce genre de relation …