" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

lundi 23 avril 2018

France Guillain : " Le bonheur d'être nu "





En 250 pages, Francine Guillain fait le tour du naturisme : dans l’antiquité, les habits qui sont une entrave et/ou un déguisement, la honte du sexe, se raser ou pas, le vivre ensemble, des hommes et des femmes, naturisme mode d’emploi, etc. C’est très bien, mais on a souvent l’impression, en lisant ce livre, que les naturistes habitent dans le pays de bizounours (ce qui est faut, hypocrite et agaçant vu que le milieu est cloisonné, comme tout milieu qui se respecte).

Extraits :

-  La guerre « au cheveu » ne date pas d’hier. Les femmes ne peuvent entrer « en cheveux » dans une église que depuis trente ans (note : ce livre a été publié en 1997). Dans bien des pays du monde, elles doivent se dissimuler sous un voile : ils sont jugés trop sensuels.

-  La bouche est parfois désignée comme un sexe, c’est pourquoi certaines religions exigent qu’elle soit cachée. Curieusement, ce sont les hommes qui vivent auprès de ces femmes voilées qui se laissent le plus volontiers pousser la moustache et la barbe, exhibant ainsi leur propre bouche au milieu d’un ensemble pileux qui n’est pas sans évoquer le sexe qu’ils entendent ne pas vouloir suggérer dans la rue.

jeudi 19 avril 2018

Liège en 1871, témoin du conflit franco-prussien





Boulevard de la Sauvenière en 1871
Remarquez les rails du " chemin de fer américain "








- « La Meuse », dimanche 19 mars 1871
Napoléon III passera aujourd’hui dimanche à 10h45 du soir à la gare des Guillemins. Le train ne s’arrêtera pas. L’ex-Empereur va s’embarquer à Ostende
(plus tard) : En fait, l’Empereur se trouvait dans la diligence du Comte de Flandres



- « La Meuse », mardi 21 mars 1871
Décidément, les journalistes n’auront pas de repos …

-« La Meuse », jeudi 30 mars 1871
A partir d’aujourd’hui, tous les soirs à partir de 7 heures, le Père Félix donnera à l’église Saint-Paul une suite d’instructions destinées aux hommes. Les dames cependant ne sont pas exclues de ces réunions. Seulement, la grande nef du milieu de la cathédrale est réservée aux messieurs

- « La Meuse », 4 avril 1871
Il est passé hier en notre ville une centaine de personnes appartenant à des familles allemandes et qui se sont empressées de quitter Paris à cause des derniers événements. La nuit dernière, 11 prisonniers français, venant de Stettin, sont arrivés en notre ville et sont allés demander l’hospitalité au poste de permanence de police à l’Hôtel de Ville, ce qui leur a été accordé.

- Samedi 16 avril 1871
Nous avons une excellente nouvelle à annoncer aux amis des études historiques liégeoises ainsi qu’aux lettres wallonnes. M. Ulysse Capitaine a légué à la ville de Liège sa bibliothèque et ses collections. (…) Ulysse Capitaine est mort à Rome le 31 mars dernier. Sa dépouille mortelle a été ramenée il y a quelques jours et ses funérailles ont eu lieu ce 18 avril.

- Mercredi 10 mai 1871
Liége en se réveillant ce matin a appris qu’un incendie venait de détruire une grande partie de la gare des Guillemins (…) On vient de nous dire qu’on attribue à une fuite de gaz la cause de ce sinistre

- Lundi 5 juin 1871
Samedi vers minuit, 300 soldats français venant de la Prusse sont arrivés en notre ville. Ils sont partis hier matin pour regagner leur patrie

- Jeudi 15 juin 1871
Les travaux pour l’établissement du chemin de fer américain en notre ville vont commencer. La mise en circulation de ce chemin de fer américain sera livrée vers la fin de septembre prochain



- Mardi 20 juin 1871
De nombreux soldats prisonniers français ont logé sur les boulevards

- Mardi 25 juillet 1871
Hier, un énorme train, venant d’Allemagne et se dirigeant vers la France, est entré en gare des Guillemins. Ce train se composait de 33 voitures et contenait 267 malheureux soldats français assez sérieusement blessés

- Mercredi 20 septembre 1871
La bibliothèque populaire compte aujourd’hui 6.511 ouvrages. 9 .217 lecteurs ont emprunté des ouvrages durant la période 1870-71

- Lundi 30 octobre 1871
Dix-huit vigoureux chevaux trainaient hier, vers la station des Guillemins, une magnifique locomotive du poids de 60.000 kilogrammes sortant des ateliers de St-Léonard


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- Samedi 11 novembre 1871
Maisons recommandées à Liége




- Vendredi 24 novembre 1871
Les voitures du chemin de fer américain ont fait aujourd’hui pour la première fois leur apparition dans l’intérieur de notre ville. Tout le monde a admiré les formes élégantes et légères de cette nouvelle traction chevaline

- Lundi 18 décembre 1871
Premier accident mortel provoqué par le chemin de fer américain. Au boulevard d’Avroy à la hauteur des Augustins, M. Melotte glissa sur la neige et tomba sur la voie. Au même instant arrivait l’omnibus du chemin de fer. Les chevaux empêchèrent le conducteur de voir. Un des amis de M. Mélotte présent cria d’arrêter. Le conducteur serra le frein mais c’était trop tard. M. Mélotte roula sous la voiture d’où on le retira le crâne fracassé, il avait cessé de vivre.

- Mercredi 27 décembre 1871
Combats de coqs. On sait que les combats livrés par des animaux, y compris les coqs, sont maintenant défendus par notre Code Pénal. (…) On nous a assuré que de semblables infractions aux lois ont été signalées et qu’elles devraient se renouveler.



Et tout particulièrement au quartier Sainte-Marguerite :


- « La Meuse », samedi 4 février 1871
Atelier photographique Walter Damry, Mont-St-Martin, 27



- « La Meuse » vendredi 31 mars 1871
Assassinat et suicide rue Hocheporte

- « La Meuse », lundi 24 avril 1871
La petite vérole fait encore de grands ravages dans notre population ouvrière. On nous assure que la famille Sch… du faubourg Ste-Marguerite vient de perdre en quelques jours six personnes, victimes de l’épidémie régnante.



- Jeudi 25 mai 1871
Le chemin de fer intérieur. Le tunnel qui passe sous le mont St-Martin à partir de la rue Table de Pierre a déjà occasionné de jolis dégâts aux habitations de ces rues



- Jeudi 29 juin 1871
Grand bal à l’établissement de Fontainebleau



- Samedi 15 juillet 1871
A l’occasion de la fête de Ste-Marguerite, grands bals




- Samedi 23 décembre 1871
Au Bon Marché - Delhaize Frères, rue St-Séverin, 27

Merci au journal «  La Meuse » !
Merci à la bibliothèque Ulysse Capitaine, en Féronstrée à Liège !

mardi 17 avril 2018

Le trésor du Doyard à Bovigny





« Au 16è siècle, le village de Bovigny ne s’élevait pas à l’endroit où on le voit actuellement. Les timides chaumines, qui composaient l’agglomération, entouraient la charmante chapelle dédiée à saint Martin qui se dressait au lieu-dit « Doyard ».
Lors, en 1530 (environ), on sut qu’une bande de pillards rayonnait dans le pays de Houffalize. Un vieux bûcheron assembla les villageois du Doyard et leur conseilla de jeter leurs économies et leurs biens précieux dans la fondrière s’étendant près de l’église. L’idée fut trouvée excellente. Les cloches furent descendues de la tour et précipitées dans l’étang. Quant aux pièces d’argent, aux bijoux, aux croix d’or des aïeules, on les enferma dans un coffre qu’on immergea également sans oublier le pécule de chacun rassemblé dans une malle qui prit la même direction.
Un matin, les gueux cernèrent l’agglomération et commencèrent le pillage systématique. Leur colère fut au comble lorsqu’ils s’aperçurent que tout objet de valeur avait disparu. Ils se retournèrent contre les paysans qu’ils assaillirent à coups de hache. Quelques-uns d’entre eux purent seuls échapper au massacre et les bois voisins leur offrirent un asile discret.
Avant de se retirer, les huguenots incendièrent le hameau. Quand le calme refleurit dans la contrée, les fuyards fondèrent Bovigny. Les trésors confiés devinrent, suivant une antique croyance populaire, la proie du diable.
Bien des années plus tard, un curé  de Bovigny résolut de se rendre maître du bien. Pour remplir sa mission, il s’assura le concours de deux hommes déterminés (NDRL : dont, semble-t-il, un certain sieur Catin). Le prêtre les prévint qu’ils « allaient voir et entendre des choses effrayantes, comme ils n’en s’en rencontre guère sur terre ».

Pour faire court ... :

A minuit sonnant, le curé s’arrêta sur le bord de l’étang (…) Une tempête s’éleva et mugit dans les bois. Des cliquetis déchirèrent l’air et l’on perçut le bruit d’une fournaise infernale.(…) Pendant l’ouragan, parut un taureau noir de taille démesurée qui avançait par bonds désordonnés. (…) Au même instant, le groupe fut encerclé de flammes tournoyantes.(…) L’onde de l’étang se mit à bouillir et le coffre apparut au-dessus des flots. (…) Et maintenant, le trésor n’était plus qu’à quelques pas de la rive. Un des acolytes, pareil à Perette de la fable, s’écria : «Enfin, nous le tenons ! » Mal lui en prit ! Des mains invisibles plurent sur les malheureux qui glissèrent dans l’inconscience. Quand ils reprirent leurs esprits, moulus, brisés, ils eurent grand peine à regagner leurs demeures. Le diable s’était montré plus fort. Il conservait le magot. »

                                                                  George Laport

NDLR : aux jours d’aujourd’hui (avril 2018), le trésor n’a toujours pas été trouvé. Avis aux amateurs !

Extraits de la revue « La Vie Wallonne illustrés », 15 juillet 1930.

lundi 16 avril 2018

Line Alexandre : " L'Enclos des Fusillés "




Deux bébés, d’origine africaine, sont retrouvés morts dans l’Enclos des fusillés, un endroit situé tout près de la Citadelle de Liège. Le juge Gabrielle Werner, secondée par les inspecteurs Ravel et Tan, commence l’enquête dans un bar tenu par un certain Sylvio et Marie-Baptiste sans oublier Léopold (un drôle de coco, celui-là). Puis la piste s’élargit. En effet, c’est un plus compliqué que prévu …

Un bon p’tit polar, bien ficelé, qui vous fiche froid dans le dos …

Line Alexandre est Liégeoise, romaniste et enseignante ; elle a déjà signé quelques livres et nouvelles.

Extraits :

* - « Et vous croyez tout ce qu’on vous raconte ? Vous êtes rafraîchissante de naïveté »
    - «  Cela m’aide à vivre »

*  Gabrielle le rassura, chacun était bien outillé pour faire son malheur soi-même.

*  Le père, il en avait profité pour se tailler. Faut croire que c’est ce que les hommes savent le mieux faire.

*  ( Marcy est une fille qui été adoptée très tôt)  Oui, Marcy était derrière la porte. Elle m’avait dit Ne me rends pas, ma Maman, elle avait toujours peur que je la rende comme une marchandise avariée qui ne donne pas satisfaction

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Une vidéo de présentation :


dimanche 15 avril 2018

Léo Ferré : " Nous deux "





« 
(...)
A tant jongler avec la bombe
Un jour faudra bien qu'elle tombe
C'est son but et c'est notre lot...
Il faudra bien que ce jour vienne
Adieu, Paris et adieu, Vienne
Adieu Rome et Monte-Carlo...
Mais ce jour-là ma tourterelle
Ma fille à moi ma toute belle
Ma frangin' d'amour ma maman...
Que tout se glace ou que tout flambe
Ça fait rien si l'on est ensemble
Nous deux...
Que tout flambe ou que tout se glace
Nous aurons déjà notre place
Dans la légende des amants
Nous deux...
Alors quand saut'ra la planète
Si jamais sonnent les trompettes
On s'en foutra divinement
Nous deux... »

Léo Ferré : « Nous deux »

La vidéo :

vendredi 13 avril 2018

Maurice Kunel : " Verlaine et Rimbaud en Belgique "




Il existe de nombreux ouvrages sur Verlaine et Rimbaud. Celui-ci, donc, a la particularité de raconter, avec verve, les séjours belges des deux poètes, des deux compères - des deux amants … -. En Belgique mais également à Londres.
 Tout cela est bien dépeint, est agréable à lire.
 Peu de chose sur internet à propos de l’auteur : Maurice Kunel. Il a écrit de nombreux livres dont : « Baudelaire en Belgique », « La vie de César Frank », «  Félicien Rops, sa vie son œuvre », … disponibles à la bibliothèque des Chiroux. ( je me demande s’il n’était pas Liégeois …)


Extraits :

-  ( Le 10 juillet 1873, à Bruxelles, Verlaine tire sur Rimbaud . Il est arrêté, jugé et condamné à deux ans de réclusion à la prison de Mons)
Au Palais de Justice de Bruxelles :
«  Attendu que la correspondance de Verlaine établit, en outre, que ce dernier avait des relations infâmes avec le jeune homme ( Rimbaud)
  * ( à confesse)  le prêtre demande à Verlaine : «  Vous n’avez jamais «  été » avec les animaux ?
Sur la réponse négative qui lui fut faite par un front humble et contrit, Verlaine reçut sa bénédiction.

*  Le samedi 4 mars, Verlaine doit donner une conférence à la Société de l’Emulation à Liège :
-  Verlaine : « J’ai traversé Liège, avec Rimbaud, il y a exactement vingt ans, en mai 1873, le jour même de la chute de M. Tiers. Cela ne me rajeunit guère. Votre ville n’a pas changé. Pourquoi l’aurait-elle fait ? N’a-t-elle pas toujours son Palais de Justice, son Mont-de-Piété, ses bords admirables de Meuse ? »

-  Mais on lui parla de nos petits vignobles des côtes de Vivegnis, de Cointe et de Sclessin, et aussitôt son attention détournée, il ne songea plus qu’à déguster sur place ce petit bourgogne un peu dur et guilleret. L’après-midi, on héla une voiture ouverte, gagna le Thier-à-Liège, où se cultivaient encore quelques ceps, et but, dans un cabaret mosan, le jus de la treille.

-  La dernière étape fut le café de la Renaissance, rendez-vous des gens d’art, au passage Lemonnier. Verlaine continua d’y boire des absinthes qu’il préparait avec onction et science, et cela à l’heure même où l’attendait à l’Emulation.

- Ce fut pire encore quand l’auteur, qui devait dire des « fragments de son œuvre poétique », poursuivit sa causerie en bredouillant de plus en plus, car, achevant de cuver son vin, Verlaine, visiblement luttait contre la somnolence qui le gagnait. Les organisateurs étaient atterrés.

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En bonus :

* Barbara : «  Absinthe » :

* Léo Ferré chante «  Ma Bohème » d’Arthur Rimbaud :

* Léo Ferré chante «  Chanson d’automne » de Paul Verlaine