" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mardi 19 septembre 2017

Liège en 1860




                                           Boulevard de la Sauvenière en 1860


                                            Vue de Liège en cette année 1860


                                           1860. Quartier de la Madeleine


                                          1860. Balloir



- «  La Meuse », jeudi 9 février 1860
Nous avons reçu hier une lettre par laquelle on nous demande, au nom d’un père de famille malheureux, l’insertion gratuite de cette annonce : « Un père désirerait céder à des personnes jouissant d’une parfaite aisance et qui n’auraient pas d’enfant : un fort joli petit garçon, âgé de 7 ans ½ pour le prix de 2.000 frs ».
 Nous aimons croire que cette lettre est une plaisanterie de mauvais goût qu’un acte de mauvais père.

- «  La Meuse », vendredi 4 mai 1860
On procède au recenssement général des personnes qui doivent faire partie de la garde civique. Elle compte actuellement 2.000 personnes et sera de plus de 3.000 personnes en notre ville.



- « La Meuse », 8 mai 1860
Si le gamin de Paris est le plus enjoué et le plus spirituel, son confrère liégeois est pour sûr le plus destructeur (…)

- Mardi 26 juin 1860
Statistiques à Liège. Nombre de maisons : 10.854 / nombre de familles : 21.050 / moyenne d’habitant : 9.



- Samedi 14 juillet 1860
Services accélérés des barques entre Liège et Comblain-au-Pont ainsi que Liège et Maestricht



- Mardi 14 août 1860
« Dictionnaire du bon langage » par l’abbé Carpentier, directeur de St-Barthélemy



- Mardi 30 octobre 1860
Inauguration du nouveau pont des Arches (le quatrième). Le Roi et la Famille royale sont arrivés vers 11 heures et demi du matin



- Mardi 27 novembre 1860
Garde civique. Levée de 1861


Et particulièrement au quartier Sainte-Marguerite :






- « La Meuse », mercredi 4 janvier 1860
Un malheur est arrivé hier mardi dans une houillère du faubourg Sainte-Marguerite. Un ouvrier a eu la poitrine écrasée. On l’a transporté sur un brancard à l’hôpital de Bavière dans un état désespéré. Le passage de ce triste convoi à travers la ville provoqua une pénible impression.

- «  La Meuse », vendredi 10 janvier 1860
Des chiens de charrette ont mordu à la jambe une femme qui passait rue Hocheporte. Le propriétaire de cette charrette s’est sauvé au triple galop. (…) On pourrait obliger les charrettes conduites par des chiens à être garnies d’une plaque portant le nom du propriétaire.

- « La Meuse » lundi 16 janvier
La Révolution liégeoise en 1789 laissa subsister tous les vieux noms des rues, sauf une, qu’elle remplaça par celui du héros d’alors. Le quartier de Pierreuse, de Sainte-Walburge et de Hocheporte se nomma «  Mont Donceel ». Le moment d’enthousiasme passé, le « Mont Donceel » tomba dans l’oubli.


Merci au journal «  La Meuse » !

Merci à la bibliothèque Ulysse Capitaine, rue Féronstrée à Liège !


      Ulysse Capitaine, érudit liégeois, grand collectionneur de documents en rapport avec la principauté de Liège

                                                     Liège 1828- 1871

lundi 18 septembre 2017

Jean-Pierre Bours : " La nuit du jugement "


 Ce splendide roman policier se déroule entièrement à Liège dans les années ‘90. Dans les rues de la ville, un homme égorge des femmes, un peu comme Jack l’éventreur. D’ailleurs, il signe ses meurtres du nom de Jack. Liège est terrorisée. On arrête un certain Jacques Noirhomme, un mécanicien qui travaille dans un garage à Gouvy (sic !,oufti ! voir plus bas). Mais est-ce vraiment lui le serial-killer ?
Le roman consacre une large part à l’enquête, au travail de la magistrature, et posent des questions : quel est le rôle des magistrats, celui des avocats, qu’en est-il du secret professionnel ? L’auteur de l‘ouvrage est lui-même avocat au barreau de Liège, il est né le 11 juin 1945. Nous faisons la connaissance, entre autres, du juge de la Transe, de l’avocat Braudel, des magistrats Véronique Janot, Dumesnil, du docteur Falise,etc.

J’ai a-do-ré ! Un bijou, et de plus il est liégeois !


Extraits :


( Rare ! Que dis-je : rarissime ! Encore plus fort même : inédit ! (mais le terme est un peu galvaudé). Unique ! Voici un roman où est évoqué le village de Gouvy – J’hallucine ! ) :

*  - Je travaille comme mécanicien dans un petit garage, à Gouvy, dans les Ardennes, à près d’une heure d’ici, je loge au-dessus du garage. C’est là qu’ils m’ont arrêté.

( A propos de Gouvy, voir plus bas  ***)

*     Il plaça son scalpel devant ses yeux, ce qui la fit hurler de nouveau. C’était un hurlement de trop. D’un geste vif, il planta l’instrument dans la carotide, et le flot de sang jaillit. Le cri s’étrangla, devint un curieux borborygme, tandis qu’avec le scalpel, d’un coup sec du poignet, il ouvrit la gorge. La jeune femme glissa entre ses bras, vers l’arrière, à présent muette.(…)

*  - Dois-je en déduire que tu me dragues ?
    - Je crois que c’est effectivement ce que je fais, dit-il. J’ai longuement résisté, note. J’ai macéré dans la prière, les supplications, j’ai séjourné dans le désert, j’ai porté une robe de bure, un cilice, je me suis appliqué le fouet, rien n’y a fait. Ton image sans cesse m’obsédait. Alors, j’ai dominé ma timidité profonde et j’ai entamé les manœuvres.
    - Je suis fière qu’un grand timide comme to ait réussi, pour moi, à dominer ses inhibitions.

*    Son carnet révélait qu’il avait passé la semaine précédente cinquante-deux heures et treize minutes ( dont cinquante heures quarante-trois minutes à dormir), quarante et une minutes à faire l’amour (dont douze hors du lit), huit heures et deux minutes à manger, six heures vingt -sept à lire, une heure cinquante-deux au cinéma, douze heures quinze à écouter de la musique, et trente et une minutes à satisfaire des besoins qualifiés de «naturels».(…)

--------------------

*** J’ai demandé à monsieur Jean-Pierre Bours pourquoi il avait choisi Gouvy et pas, par exemple Vielsalm ou Bastogne. Voilà ce qu’il m’a répondu :
« Pourquoi Gouvy ? J’aurais pu, de fait, retenir Vielsalm, que je connais mieux (alors que je ne suis sans doute jamais passé par Gouvy). C’est le pur hasard. J’aimais bien la consonance du nom. »

Bien à vous,



Jean-Pierre BOURS

vendredi 15 septembre 2017

Armand Geradin : " L'affaire Magnus "






L’histoire se déroule à Rouge-Minière, un hameau de Ferrières, pas loin du collège Saint-Roch. Le notaire Magnus est retrouvé dans les bois de Bernarfagne, tué par une balle de son fusil de chasse. Son fils Albert, que le patriarche a déshérité, est arrêté, jugé et condamné à mort. Pierre maréchal, l’avocat d’Albert Magnus est convaincu de l’innocence de son client. Avec son épouse France, il décide de s’installer pour un temps à Rouge-Minière et de reprendre l’enquête à zéro. Et c’est ainsi que nous faisons la connaissance de Vieillefagne, un ancien condisciple de Maréchal puisque les deux ont suivi leurs études à Saint-Roch, Jean Magnus, le fil aîné du notaire assassiné, Maurissen le clerc du notaire, Geneniève Douffet, l’héritière du château de Grimonster et bien d’autres personnages si typiquement ardennais.

Un régal dans le genre !



Extraits :

*     (à propos de Saint Roch) Oui ! une région merveilleuse. L’Ardenne liégeoise, riante et sauvage à la fois. Des forêts immenses tapissées d’airelles et bordées par des sapinières qui vous invitent à des piqueniques reposants. La Lembrée et le Pouhon, deux ruisseaux capricieux qui regorgent de truites. Au cours de nos promenades de collégiens, nous y avons braconné, construit des barrages de pierres et de gazon et pris de bains de pieds. Et les sources d’eau minérale ! Elles jaillissent dans tous les valons. C’est le pays du fer. Les noms de villages et des hameaux rappellent tous une industrie extractive qui fut prospère sous le règne des princes-évêques : Ferrières, Fero, Vieux-Fourneaux, Rouge-Minière, Ferminne …

*   France, vois-tu la voie ferrée que nous longeons en ce moment ? observa Pierre maréchal ? C’est la ligne du vicinal de Comblain-la-Tour à Manhay. Il passe à Saint-Roch, dans le fond du vieux moulin, à dix minutes de marche du pensionnat. Il est inconfortable et souffle et geint pendant la montée, quoique la voie ferrée dessine force lacets pour lui faciliter l’ascension du plateau.

*   - Comment peut-on s’attacher à une région industrielle comme le bassin liégeois ! s’exclama Maurissen avec horreur. Des crassiers, des terrils, des cheminées d’usines, un air corrompu …

     -  Liège est une médaille dont vous considérez uniquement le revers, rectifia Pierre Maréchal en souriant. Vous oubliez son fleuve, la ceinture de ses collines boisées, la forêt de ses clochers, ses ponts, ses parcs et surtout le caractère enjoué et primesautier de ses habitants.

*  Il ne pourrait plumer un coq sans en avoir la chair de poule.

*  Depuis que vous êtes là, il a peur du ridicule. Quand le soleil se lève, la lune s’efface.



 Collège Saint-Roch - Ferrières


Château de Grimonster




Notre-dame des pauvres ( Rouge-Minière)

mardi 12 septembre 2017

Luxembourg Belge - Le pays de Salm




Un livre publié en 1951 par la Fédération touristique de l’Ardenne belge, composé de textes signés par plusieurs auteurs et agrémenté de magnifiques photos.













Le célèbre " balcon " de la non moins célèbre église de Beho





Extrait du chapitre : «  Le pays de Salm » :

Au nord-est de la province de Luxembourg, s’étend un « pays » au caractère bien particulier, par le relief, la géographie, l’histoire. Abordé par le nord, il constitue une étape entre la vallée de l’Amblève et les paysages du plateau de Bastogne qui s’amorcent à Gouvy. Il diffère tout autant des croupes de l’Eifel, dont le sépare un antique chemin courant sur la ligne de partage des eaux. Et son visage contraste nettement avec les landes qui descendent de la Baraque de Fraiture. On dit qu’il regarde vers Liège. Et, sans doute, ses ruisseaux finissent bien par rejoindre la vallée mosane. Mais pourquoi ne pas nous souvenir, tout aussi bien, des « transporteurs » et « messagers » d’autrefois, qui rayonnaient en tous sens ?
(…)
Le passé a composé, ici, un type d’humain de frappe originale. L’homme s’est toujours, ici, battu pour vivre. Toujours, après les ravages des invasions, il a rebâti sa demeure et recommencer à travailler. Après le désastre de 1944-1945, les vertus traditionnelles ont eu de nouveau à s’exercer. Ces vertus là et d’autres.
En 1775, quand le voyageur de Feller vint au pays de Salm, il trouva bon de noter : «  Les habitants de ce pays sont d’un bon naturel, pleins de religion et de probité, officieux et polis ». Pourquoi, depuis, auraient-ils changé ?


                                                                              Georges Remacle

dimanche 10 septembre 2017

Guy Delhasse : " Les recettes du polar sauce lapin "




Guy Delhasse se pose de nombreuses questions dans ce livre mais la principale est double : «  Quels sont les auteurs de polars qui évoquent notre belle Cité ardente ? Quels sont les romans noirs qui l’utilisent comme décor ? ».  
 Une fois de plus, mission accomplie pour le «  gardien de but de la littérature liégeoise », car les réponses fusent, avec une précision de bénédictin.
 Un travail de fourmi !
Si vous voulez un bref résumé d’impression, les auteurs de polars de ne bousculent pas au portillon pour causer ou même simplement évoquer -Liège-  dans leurs œuvres. C’est dommage et bien regrettable…
Allons, Liégeois, Liégeoises, à vos plumes !
Le prochain bilan est prévu pour … 2051.


Extrait :

- ( En 1990, à propos du roman de Frédéric Dard -San-Antonio- : « Du mouron à se faire »).
  Le Tout Liège de la vie littéraire est là. Votre serviteur est l’envoyé spécial de Coup de cœur, coup de polar, la chronique polar du journal La Wallonie.


- (à propos d’Amazon) Cette espèce d’immense librairie en ligne est un véritable poison pour la librairie traditionnelle puisqu’elle vend des livres moins chers d’une manière très accessible.

- ( J’ai relevé quelques écrivains et leurs œuvres, à lire de toute urgence) :
  * Armand Géradin : «  L’Affaire Magnus »
  * Paul Bay : «  Le nègre de Simenon »
   * Jean-Pierre Bours
   * Sur les pas de Simenon ( les nouvelles)
   * Michel Hody
   * Eric de Beukelaer : «  Valet de trèfle "
   * Christophe Collins : «  L’équerre et la croix »
   * Tranchées (recueil de nouvelles policières)

   * Le Poulpe : «  La catin habite au 21 »

vendredi 8 septembre 2017

Quelques actualités de Gouvy entre 1890 et 1898





                     Vélocipèdes à la maison Alfred Gouvy, 6 rue St-Paul à Liège


                                                      Vive le printemps !


                                     La pastille Poncelet chasse la mort ...


- « La Meuse », 28 mai 1890
Au chemin de fer, une nouvelle ligne de Liège à Gouvy



- « La Meuse », 29 octobre 1890
Accident de chasse à Gouvy



- «  L’Indépendance belge », 5 juin 1892
Vente d’un vaste hôtel à Gouvy –station



- «  Le soir », 6 mars 1890
M. André, receveur de douane à Gouvy, victime d’un guet-apens



- «  Le Soir », 25 septembre 1892
Vente du domaine des concessions à Bovigny et Beho



- « La Meuse », 29 mars 1894
Des gendarmes facétieux à Gouvy



- «  Le Soir », 1 septembre 1895
Accident en gare de Bovigny



-  «  La Meuse », 17 mars 1897
A quand l’électrification entre Liège et Gouvy ?



- " La Meuse " juin 1897
Voulez-vous une belle montre moderne?
 En vente chez Heck à Gouvy



- «  le Vingtième Siècle », 24 juillet 1898
Conférence chahutée à Gouvy



- «  L’Indépendance belge », 28 avril 1898
Décès du compositeur Théodore Gouvy

Merci à tous les journaux cités plus haut !

Merci à la bibliothèque Albertine de Bruxelles !

jeudi 7 septembre 2017

Jean Teulé : " Rainbow pour Rimbaud "




Robert, trente-six ans de Charleville-Mézières se prend pour Rimbaud. Avec son amie Isabelle, ils partent à la recherche d’Arthur, tout là-bas, en Afrique.
 Ce livre se compose d’une vingtaine de chapitres qui sont quasi de petites anecdotes - ou délires – à elles toutes seules. Le texte est sans cesse secoué par des phrases d’Arthur.

J’ai tout particulièrement apprécié  l’histoire de la coke-maison fabriquée par une famille, en Egypte, dont les ingrédients sont 1. des os de défunts pilés, 2. un peu d’aspirine et 3. une dose de mort-aux-rats, le tout destiné à des touristes américains « pour qu’ils crèvent ».
La passerelle en bois constamment démolie, car là-bas, le bois est rare et cher.
Le preneur de sons de l’île Maurice.
 Elle, la Marocaine, condamnée à mort, et lui font l’amour en pensée à minuit pile à l’heure de Marrakech.

Bien décalé ! Comme toujours avec Jean Teulé (ça rime).


Extraits :

- Je suis vierge parce que je ne sais pas nager dans le silence givrant du ventre des filles. En plus je ne saurais pas respecter les paliers de décompression en remontant à la surface. Leurs moqueries me feraient trop mal, alors je ne bande jamais. Les médecins disent que c’est parce que, enfant, on ne m’a pas appris le sens du jeu. Mon copain, lui aussi, est vierge. Maintenant je ne sais pas. Mais lui, il s’en fichait. Il disait : «  Mettre sa bite dans le sexe d’une fille n’a jamais été considéré comme une preuve d’intelligence. »

- C’est l’été à Charleville-Mézières. La Meuse traîne, d’est en ouest, sa langue violette. Elle cunnilingue une forêt de pins nordiques aux reflets bleus puis lèche à peine Charleville. Ici, les tanneries du fleuve l’habillent de teintes de cuir.

-  ( d’une lettre de la mère Rimbaud à son fils) : Ton silence est long, et pourquoi ce silence ? Heureux ceux qui n’ont pas d’enfants, ou bien ceux qui ne les aiment pas : ils sont indifférents à tout ce qui peut leur arriver.


-  Le docteur a voulu me voir. J’y suis allé. Il est Juif. On a fait l’amour dans son bureau. J’aime bien les Juifs. Ils ont l’art de vous faire entreprendre des trucs incroyables, sans que vous vous en rendiez compte. La légende qui court par rapport aux Noirs est complètement fausse. Par contre, les Asiatiques ont vraiment des petites bites.